jeudi 13 septembre 2012

Merlu / Poireau au lard

Du merlu (de ligne, oui, oui, oui, encore et toujours de chez ZE poissonnier)...


...du poireau...


 ...du lard gras.


Tailler le poireau en tronçon (un peu plus large que les tranches de lard), l'entailler à mi-hauteur pour bien le laver...


...poivrer les tranches de lard et rouler les tronçons de poireau dedans...


...


Faire une papillote avec les "poireaux roulés" et mettre à cuire dans une poêle chaude (30 minutes c'est bien. Ça doit être confit).


Débarrasser la papillote et cuire le merlu à l'huile d'olive chaude (comme d'hab, d'abord côté peau puis, à la fin, une minute côté chair).

 

C'est prêt.


A boire. Un Sauvignon de derrière les fagots. "Sauvigneron" du Domaine "Chahut et Prodiges". 100% sauvignon. Du coup, ça "sauvignone" un peu au début, bien sûr. C'est très très "nature". Puis,  finalement, c'est super bon.

samedi 8 septembre 2012

Coeurs de canard gras / Crème de coco (de paimpol) / Coeur d'artichaut

Du coco de paimpol...


...cuit à l'eau frémissante (sans sel, sinon il éclate), avec de la carotte, de l'oignon et du laurier...


...puis passé au presse purée (l'objectif est de se débarrasser de la peau), arrangé avec de la crème fraîche, du sel, du poivre et un trait d'huile d'olive, et gardé au chaud au bain marie.


Des cœurs de canard gras de qualité (de chez Duperier)...


...parés, déveinés, etc...


Un cœur d'artichaut violet par commensal.


Saisir les cœurs de canard à feu vif dans un fond d'huile d'olive, côté face non ouverte, et laisser "monter" la cuisson jusqu'au point désiré. Ajouter sel, poivre, persillade et le cœur d'artichaut coupé en quatre.


Déglacer la poêle avec un peu d'eau pour faire un jus. C'est prêt.


A boire. Un excellent Gaillac rouge (2010). "Rencontre", du Domaine "Bois Moisset". Sylvie Ledran et Philippe Maffre, à Montans dans le 81...


...Syrah, Duras et Brocol, c'est sacrément bon.

mercredi 5 septembre 2012

Steak (au café) / Frites

Du steak (ici, dans le persillé)...


...de l'huile d'olive, parfumée au laurier et à l'ail.


Saisir le steak dans l'huile chaude...
 

...

 

 ...faire deux frites.


Pendant que les frites dorent et que le steak repose sous du papier alu, déglacer la poêle du steak avec un peu d'eau, puis y rajouter deux/trois cuillères à soupe de café frais (du matin ça va aussi), une bonne noisette de beurre, le jus lâché par le steak reposé, et laisser épaissir trois/quatre minutes, en remuant...


...


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A boire. Un très bon Chinon de Helda Rabaut, à Panzoult dans le 37. "Tel Qu'elle" 2011. Premier millésime je crois. Oui, on peut boire du (bon) vin avec le café. Et d'ailleurs, enfin, moi je trouve, les Chinon, Saumur et Bourgueil s'y prêtent bien (au café). Et c'est loin d'être un défaut.

jeudi 30 août 2012

Joue de Veau / Haricot Vert

Ok, c'est pas vraiment la saison, mais, bon, quand on a la chance de trouver de la joue de veau...


...on ne s'en prive surtout pas...


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Et des haricots verts aussi (de chez Joël, c'est vraiment fondamental). Ça, par contre, c'est la pleine saison...


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A boire. Un "truc" d'enfer. Du gamay, très très bien fait, avec du corps, vraiment très bon, à Fresnes, dans le 41 t'as vu, de Jeremy Quastana, un élève/disciple d'Olivier Lemasson des "Vins Contés"...


...c'est super bon.

mercredi 29 août 2012

Lettres à soif (12)

Au Puerto Santa Maria, les rues se croisent à angles droits en longs corridors où le soleil fond sur les murs. Les caves dynastiques des faiseurs de vins salés et de liqueurs anglaises ont aujourd'hui la lèpre craquelée des splendeurs anciennes. Osborne, 501, Gutierrez-Colosia, Terry, Grant...se visitent derrière le cordobes et le pas d'un montreur de tonneaux comme autant de singes en bois cerclé, dans l'atmosphère folkloriste d'un roulement de castagnettes, hembra y macho. De la séduction bien organisée, aux mollets lisses dépassant pile-poil de la jupe à ronds de lune. Modernisme et tradition préfabriqués.

Il y a pourtant , embastillée calle Zarza, un lieu où affleurent encore les sirènes et même les fantômes un peu effrayants de la bodega véritable. Le sol est imparfait, les affiches encroûtées. Un solitaire, dignement éméché, s'est adossé près du cartel où les prix sont écrits à la craie et regarde la main du tenancier qui ouvre et ferme le baril où dorment les élixirs. La vapeur de moût presque cuit barbote nos sens. Elle reste sur la peau même quand on la lèche une fois ressorti. Au fond , un catavino bien juteux de manzanilla à la main, on butte sur la pénombre, un grillage surveille la maturation dans le chais profond... c'est là que la capataz "peigne le vin" nous apprend-on. Par Bacchus ! que c'est beau et mystérieux. On y boit aussi de la bière glacée, quelquefois on s'y délecte de délicieuses berzas lourdes de chicharos con habas. On voudrait être né là, avoir passé sa jeunesse les yeux et le nez dans la houle des buveurs et des négociants, dans le run run des tertulias autour des barriques renversées, sous les auspices d'une fraîcheur abritée par les toits si hauts quand on revient de la pêche aux anémones de mer, les ortiguillas. Et on aimerait y finir ses jours, un dernier soupir dans l'éclat d'un bouchon qu'on décalotte, sa vie accomplie en mille brisures de paradis perdu que le retour au chais de l'enfance rassemble.

Passe un ange, avec une casquette et une chemise de marinier. Il vole entre les jambes des habitués et des touristes égarés. Une voix lui court après : "Rafael ! Rafael !". C'est lui, Alberti, le grand poète politique de l'Espagne meurtrie, né ici au Puerto. Il pêche encore son âme avec les cannes de son utopie. Bientôt il devra renoncer, arraché à sa mer par les tremblements qui s'annoncent et qui le conduiront à l'exil. Pourtant il retrouvera ses bords d'Atlantique et ses vagues mourantes à l'âge où les cheveux eux aussi se chargeront d'écumes.

Peut-être a-t-il alors, Rafael Alberti au soir de sa vie, franchi le seuil d'une Bodega identique à celle d'Obregon, Calle Zarza, pour y réciter de sa voix pacifiée ce morceau de poème écrit à 25 ans : 

"La flor del vino, muerta en los toneles,
sin haber visto nunca la mar, la nieve.

La flor del vino, sin probar el té,
sin haber visto nunca un piano de cola.

Cuatro arrumbadores encalan los barriles.
Los vinos dulces, llorando, se embarcan a deshora.

La flor del vino blanco, sin haber visto el mar, muerta.
Las penumbras se beben el aceite y un àngel la cera.

He aqui paso a paso toda mi larga historia.
Guardadme el secreto, aceitunas, abejas."

(extrait de "El angel de las bodegas" in "Sobre los angeles")

Si c'est le cas, il est certainement reparti réconforté, avec sous le bras, une quille de cette Manzanilla...


...coulée directement de la bota, l'étiquette collée en un tournemain par un jeune portuense. Lequel s'est demandé qui pouvait bien être cet abuelo marmonnant dans la cour de derrière, entre les vieux tonneaux.

A tod@s, Salud y Libertad.

mardi 28 août 2012

Ris d'Agneau (meunière) / Courgette (crue) / Estragon

Des ris d'agneau (de première fraîcheur bien sûr, coucou JJ)...


...de la courgette (fraîche aussi)...


...de l'estragon (de compétition)...


Une fois préparés (comme les ris de veau), cuire les ris d'agneau "meunière" (farine de châtaigne + huile + beurre), bien dorés...


...les déglacer au jus de citron jaune, puis, tout à la fin, ajouter de belles feuilles d'estragon.


Tailler la courgette, sel, poivre, c'est prêt...


...


A boire. Du rosé. Mais pas n'importe lequel. Du rosé de très grande classe. Le "Chemin de la Brune" de l'Anglore.

samedi 18 août 2012

Tomate / Mojama / Pistache rôtie aux épices

De la tomate, dite "ancienne", d'un jardin de qualité...


...mise à mariner au frais avec de l'huile d'olive aromatisée (ail/romarin)...


...du sel, du poivre et un trait de très bon vinaigre de Jerez.


Pendant que la tomate marine et lâche son jus (une heure c'est bien), rôtir des pistaches à l'huile d'olive + sel + pimenton + sucre roux + graines de cumin et coriandre...


...laisser caraméliser un peu...


...débarrasser et laisser refroidir à température ambiante. Trancher fin la mojama (sublime filet de thon séché de Murcia que les parigots trouveront notamment ici)...


...concasser la pistache...


...c'est prêt...


...


A boire, un très très bon chardonnay ouillé (2010). Sec et tendu, comme on dit. Épicé aussi. Domaine "Ratapoil", Raphaël Monnier, dans le Doubs, en Franche-Comté...


...c'est franchement bon.